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      Depuis cette bouleversante fin d'après-midi de décembre dans ce bourg moyenâgeux perdu au coeur du Limousin où semblaient s'être déchaînés les éléments comme pour mieux marquer la singularité de nos brèves retrouvailles au cours desquelles nous n'avions du reste que très peu échangé, nous comprenant, pour l'essentiel, à demi-mot, Elodie Cordou s'étant déjà claustrée en un profond mutisme, il faut bien avouer hélas que je ne l'ai jamais revue, aussi désespérant pour moi que celà puisse paraître .

      Et pourtant je persiste à penser qu'Elodie Cordou, quelque part, poursuit sa quête, je reste convaincu qu'Elodie Cordou, si elle a jugé nécessaire un secret repli sur soi, un retrait momentané du monde pour préserver son intégrité et défendre sa réputation contre des médisants qu'une nature perverse porte au scandale, persévère dans sa folie salvatrice pour la peinture, n'a renoncé en rien, aspire toujours à l'idéal par- delà l'insupportable intégrisme de l'argent, grâce à son mépris philosophique  de l'argent et malgré la menace diffuse que laisserait peser sur elle une partie de ses proches, notamment de la faire interdire comme dissipatrice, voire de pousser plus loin encore certaines subtiles et perfides manoeuvres en coulisse déjà plus ou moins amorcées.

      Elodie Cordou, de minces indices en ma possession mais que je veux taire me permettent cependant de le supposer, semblerait n'avoir jamais tout à fait coupé les ponts avec les milieux de l'art, j'irais jusqu'à penser qu'elle serait possiblement restée en contact avec quelques-uns des marchands les plus sûrs, avec les galeristes les plus discrets de sa connaissance, sans quoi la vie pour Elodie s'épuiserait très vite dans la monotonie j'imagine ; les peintres eux-mêmes, dans leurs ateliers, il est hors de question qu'elle se risque à frayer encore avec eux comme elle aimait tant à le faire par le passé, mais les marchands les plus fiables, les galeristes de confiance, oui, si elle vit encore ici ou là dans la ville quelque part à l'abri sous un quelconque toit, alors tout porte à croire qu'elle n'a pas fui leur fréquentation mais qu'elle continue au contraire, d'une manière ou d'une autre et sans doute en usant parfois de moyens détournés, à les fréquenter.

     C'est l'espoir que j'ai et aussi de la revoir un jour.

 

 

Les Editions du Chemin de fer, 2010

Pages 39, 40, 42

 

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Published by Maisondumiroir

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